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Adaptations au milieu.


Répartition des rapaces.

Oiseaux majestueux, les rapaces regroupent 290 espèces réparties sur les cinq continents sauf l’Antarctique. À l’origine classés sous un seul ordre ils sont aujourd’hui répartis dans trois ordres. Les Cathartiformes (vautours du nouveau monde) [1], les Accipitriformes et les falconiformes.

Le climat joue un rôle important dans la répartition des rapaces diurnes. Il en résulte une répartition inégale, puisque sous les climats tropicaux vivent 72% des espèces. Pourquoi cette disparité ? Simplement au cause de la disponibilité de la nourriture. Les régions de toundra étant plus pauvre en ressource alimentaire les rapaces se sont mieux développés en régions tropicales. Ceci vaut aussi pour l’ensemble du règne végétale et du règne animale. L’Amérique et l’Eurasie proposent une centaine d’espèces nicheuses, l’Afrique 90 et enfin l’Australie 50. Ces chiffres montrent que certaines espèces sont présentes sur plusieurs continents, toutefois seuls le Balbuzard fluviatile et le Faucon pèlerin sont présents sur quatre continents. Malgré tout, neuf espèces peuplent indifféremment l’ancien et le nouveau monde : l’Autour des palombes, la Buse pattue, l’Aigle royal, le Pygargue à queue blanche, le Busard saint martin, les Faucons émerillon et gerfaut ainsi que les deux cités précédemment.

Adaptations au milieu.

Du fait que les rapaces sont des chasseurs, leur morphologie diffère quelque peu de celle des autres oiseaux. Comme nous l’a apprit Charles Darwin, la pression de la sélection naturelle a entraîné une adaptation de l’anatomie des êtres vivants en fonction de leur mode de vie. Ainsi, capturer des oiseaux en vol ou rechercher des proies ne demandent pas les mêmes adaptations. Quatre parties du corps des rapaces ont été particulièrement affectées : le bec, les ailes, la queue et les yeux.

La forme du bec des rapaces diurnes dépend du type de proie capturée. Cependant, de façon générale, le bec des rapaces diurnes est pointu, crochu et la mandibule [2] supérieure est plus longue que l’inférieure. Ainsi le bec des oiseaux peu spécialisés, comme la Buse variable, ne présente pas de particularité. À l’opposé, percer des trous dans des cadavres de gros mammifères demande un bec puissant et plus long, de façon à disposer d’un bon levier, comme chez les vautours, Aigles royaux,etc.

La peau nue des vautours montre là encore une grande adaptation de ces oiseaux. À enfoncer le cou dans les cadavres de leur proie comme ils le font, ils seraient vite souillés par le sang s’ils étaient normalement emplumés. C’est pourquoi leurs plumes se sont atrophiées pour devenir courtes et raides, ou ont été remplacées par de la peau nue.

La vision des oiseaux est l’une des plus performantes du monde animal. La vue est le sens le plus important de ces espèces, qu’elles soient diurne ou nocturne. Les yeux des oiseaux sont très volumineux et, chez certaines espèces, protégés par une forte arcade sourcilière. De même les oiseaux possèdent une membrane nictitante qui a pour fonction de réduire l’intensité lumineuse en cas de forte lumière mais aussi de chasser les poussières qui se trouvent sur les yeux. Autre particularité des yeux des rapaces diurnes, ils possèdent deux fovéas. Une pour la vision binoculaire et l’autre pour la vision monoculaire. Cela veut dire également que les yeux des rapaces diurnes possèdent beaucoup plus de cellules, 5 fois plus chez la Buse variable que chez l’homme. Tout cela leur confère une excellente vision. Pour l’anecdote, un vautour peut repérer un cadavre à plusieurs kilomètres et un Faucon pèlerin voit sa proie alors qu’il nous faut des jumelles pour voir le même l’oiseau à la même distance. Enfin, le champ de vision de chaque oeil est de 150°, alors que la vision binoculaire va de 35 à 50°. Cela laisse un angle mort de 20° maximum à l’oiseau sans qu’il tourne la tête.

L’odorat chez les rapaces diurnes est mal connu. Il semble cependant qu’il ait plus d’importance que l’on ne pensait.

Les rapaces diurnes entendent très bien. Même si ce sens n’est pas essentiel pour la chasse pour la plus part des rapaces diurnes. Toutefois des rapaces comme les Busards utilisent certainement l’ouïe lorsqu’ils chassent en rase motte. Durant la chasse le Busard va utiliser deux sens : l’ouïe et la vue, ce qui va lui permettre de localiser sa proie en faisant une "triangulation". Le bruit que fait un micro-mammifère qui se déplace dans les herbes n’arrive pas en même temps aux deux oreilles, cela permet au Busard de déterminer le sens de progression de la proie. Grâce à cela le Busard va pouvoir ensuite localiser visuellement sa proie.
L’ouïe est le sens le plus important pour les rapaces nocturnes.

Comme pour le bec, les ailes des rapaces sont adaptées aux proies qu’ils chassent, ou plus exactement à la technique de chasse adoptée. La chasse à la poursuite ou en vol plané ne demande pas les mêmes techniques de vol.
Les ailes des planeurs sont larges avec à leur extrémité les rémiges primaires, fixées sur le radius, on en compte de 9 à 11. Les premières rémiges, à l’extrémité de l’aile ont un rôle important. Elle forme comme les doigts d’une main de sorte à laisser un espace, appelé émargination, entre chaque rémige. Cette émargination régule le filet d’air qui passe sur la face supérieur de l’aile, ce qui évite à l’oiseau de tomber lorsqu’il vole lentement. Les rémiges secondaires forme la partie interne de l’aile. Leur nombre varie de 8 à 25, elles sont fixées sur le cubitus. Ce type de vol n’a pas que des avantages. Les planeurs sont incapables de maintenir un vol battu longtemps à cause de leur pectoraux trop faible. Pour prendre leur envol ils doivent attendre que des courants d’air chaud se soient formés. Les ailes des planeurs sont assistées par la queue, qui, entièrement étalée augmente la surface portante. Parmi les planeurs on peut citer les Aigles, les Vautours, les Buses, etc.
Ensuite, les chasseurs, avec un vol rapide et agile ont des ailes pointues et longues. La structure de leurs ailes est identique à celle des planeurs. Parmi les chasseurs on peut citer les Faucons.
Il existe un type intermédiaire que l’on va trouver chez les oiseaux forestiers comme les Éperviers et Autours. Leur terrain de chasse demande des ailes courtes, larges et arrondies.

En fonction de leur type de vol, les rapaces migrateurs vont emprunter des couloirs migratoires différents. Les planeurs, avantagés par un vol très économique en énergie, devront éviter les grandes étendues d’eau peu favorable à la création de courant d’air ascendant. Ils vont voyager au-dessus des terres. Les rapaces migrateurs qui pratiquent un vol actif, très gourmand en énergie, ont la possibilité d’emprunter des couloirs migratoires plus courts car il leur est possible de traverser les grandes étendues d’eau comme les mers et océans.
Pour en finir avec le vol, terminons par la queue. Elle a des formes variables. Longue ou courte, échancrée ou pas et enfin cunéiforme. On connaît peu de chose sur sa fonction exact, si ce n’est que les rapaces devant changer rapidement de direction ont des queues plus longues.

La dernière partie du corps des rapaces qui a subit une adaptation ce sont les pattes. Là aussi l’adaptation est fonction du type de proie et du type de chasse. Les chasseurs en vol ont des pattes longues et minces pour attraper leur proie en plein vol. Les mangeurs de reptiles ont des pattes courtes et puissantes. On a pu se rendre compte que les rapaces mangeurs de poissons avaient des aspérités sous les doigts, ce qui facilite la préhension de leur proie visqueuses.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur l’adaptation des rapaces diurnes à leur milieu, mais il faudrait écrire un livre. Si vous avez des questions n’hésitez pas à utiliser la fonction "Réagissez". Si vous êtes une école, un centre de loisirs ou si vous travaillez avec un autre type de public, je peux aussi venir vous rencontrer.

mise en ligne le mercredi 8 août 2007 , par Jean Michel Jean Michel .


[1] Alors que les vautours de l’ancien monde proviennent de la même origine que les aigles et autres faucons, les espèces qui vivent dans le nouveau monde partagent leur parenté et ont des ancêtres communs avec les cigognes et les hérons. Nombreux sont les chercheurs et les ornithologues qui pensent que l’on devrait les déplacer de l’ordre des falconiformes dans lequel on continue à les classer.

[2] Chez les oiseaux ce terme est appliqué aux deux mâchoires avec leurs enveloppes cornées qui forment le bec.

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